Extraits de fiction 

Quelques extraits de mes nouvelles noires de fiction :

La Fièvre du Corbeau

La jeune Mary se réfugia dans les jardins du manoir et se mit à jouer avec un nid d'araignées au pied d'un arbre. Une araignée-loup rampa et dansa dans le creux de sa main. Elle dansa avec une grâce effroyable. Mary la contempla avec fascination. La plupart des gens craignaient ces araignées. Ils les trouvaient dangereuses, lugubres. Mais contrairement à d'autres, ces créatures solitaires et profondément incomprises exerçaient sur elle une étrange attraction. Et plus que tout, elles lui apportaient du réconfort, de l'amour, un lien du sang

Juin 2024 - Timour Godard

Le Sculpteur de cire

Le jeune artisan devint songeur. Il comprenait bien qu'elle devait mourir. C'était son unique salut. Car son amour pour sa créature était un abîme. Un abîme qu'il s'était creusé lui-même, dans la folie de son deuil, et qui était devenu sa tombe

Décembre 2024 - Timour Godard

L'Arbre du Mort

Il n y avait qu'un seul arbre au fond du jardin. Cet arbre-là ressemblait presque à un cadavre qu'on avait mis à nu et drapé d'un linceul blanc. Il n'en restait plus rien. On l'avait brisé, dépouillé, mutilé. Sous son écorce noire, tapissée de neige, le bois pâle revêtait un aspect d'os rongé et sanglant

Avril 2024 - Timour Godard

La Dame blanche

Lorsque la Mort étend son empire funèbres sur toutes choses, l'homme se sent à nouveau comme un enfant. Une créature vulnérable, fragile, désemparée, aveugle, dépossédée de toute sa chair. Son corps n'est rien de plus qu'une enveloppe de matière vide, inerte, froide, arrachée aux mains de la sournoise et cruelle fatalité. Il n y a pas de mort plus abominable

Avril 2025 - Timour Godard

Les Deux Soeurs

La violence dans laquelle ils avaient grandis ne se perpétuait pas par les coups. Elle se perpétuait par la légitimation du système de classes. Tout se décidait par la différence de classes entre les uns et les autres. La valeur d'un être humain ne se mesurait plus qu'à cela. Les privilèges dont jouissaient les puissants n'étaient que du poison. Un poison qui leur faisait voir le monde comme une arène dans laquelle ils exerçaient leur pouvoir sans aucune limite

Février 2025 - Timour Godard

Le Dévoreur de rêves

La frontière entre le rêve et le cauchemar est infime. Le rêveur voyage de l'un à l'autre avec toutes les angoisses profondes de la nuit, les divagations de l'esprit, les désirs enfouis du songe. Les terreurs nocturnes, celles que l'on se refuse à voir nous-même, émergent des profondeurs de l'abysse sous des formes bien dérangeantes. Toutes les superstructures mentales s'effondrent les unes après les autres. Les cicatrices du passé se rouvrent. Et alors l'esprit humain se révèle dans sa plus profonde vulnérabilité, dans sa nudité la plus totale. Ce qui en reste se noie dans l'abysse

Décembre 2025 - Timour Godard

Le Joueur de flûte

Tous ceux et celles qui jouissent des hautes sphères du pouvoir n'ont qu'une seule crainte ; c'est de le perdre. Les instincts de domination sont de toutes sortes. Certains élèvent l'esprit de mauvaise fortune au-dessus de toute condition. D'autres ne conduisent qu'à la dépravation de l'âme et la ruine. Cette ruine est celle du genre humain. Beaucoup n'en viennent même plus à concevoir l'homme comme une créature pensante. Et ces rires de bêtes en étaient le cruel reflet. Jamais la nuit de l'humanité ne fut plus noire

Octobre 2024 - Timour Godard

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